ADMINISTRER

Depuis le temps des pharaons, les chefs de gouvernement ont toujours été tentés par le prestige de l’héritage qu’ils laisseront derrière eux. Aucun d’eux n’a vu une stèle en leur honneur disant : « Grâce à sa bonne gestion, Ramsès a permis à des centaines de milliers d’enfants d’avoir un berlingot de lait gratuit chaque matin à l’école ».

On cherche plutôt le projet, évidemment visible, garant de postérité. Il y en a de bons. La renaissance du quartier St-Roch en est un bel exemple. D’autres qui nous laissent perplexes comme le Centre Vidéotron dont on avait besoin pour un club de la LNH. Le centre est là mais pas le club. Heureusement, on y présente plusieurs événements, ce qui dore la pilule un peu mais à quel coût?

D’autres initiatives comme le tramway, polarisent totalement la population. On se demande d’où viennent à la fois la farouche opposition et l’entêtement à aller de l’avant sans consulter la population.

Une ville, ce n’est pas ça. C’est beaucoup plus plate que ça. Une administration municipale a pour principale mission d’offrir des services à sa population. Réfection des rues, collecte des ordures, traitement des eaux, déneigement, sécurité publique et transport.

L’administration publique, c’est le quotidien sans fanfare et non les soirées de gala. L’un n’empêche pas l’autre mais le second ne doit se manifester que lorsque le premier est pleinement accompli.

En avez-vous pour votre argent? Avez-vous, comme moi, l’impression que les services auxquels nous avons droit sont hypothéqués par une certaine folie des grandeurs, motivée par le syndrôme de la carte postale, l’orgueil ou des croisades environnementales, de croissance immobilière ou autres?

Est-ce le mandat d’une ville de rêver plus longtemps que d’être éveillée? Est-ce normal que nombre de projets se préparent et se réalisent en vase clos? Si on a le malheur de questionner, on est étiquetés immobilistes, complotistes, quérulents.

Et si être progressiste, c’était de rendre le sourire à la population, de ne pas laisser de fardeau financier aux générations futures? Si être visionnaire était plutôt de gérer le quotidien, d’offrir des services, d’être transparent et de s’assurer qu’il y en ait pour tout le monde? Ça vous parle ou pas?

Oui aux grands projets mais ce n’est pas en campagne qu’on les propose pour ensuite les imposer après une victoire obtenue par la peu des dents. Les grands projets, on les fait ensemble, après consultation publique. C’est plate, hein?

Il s’agit de votre argent. Le maire est votre employé et non un donneur de leçons qui se prend pour le roi Salomon.

On me demande si on peut au moins garder sa limousine… Pourquoi? On a de belles pistes cyclables et un réseau de transport en commun efficace, non?