L’ÉCOSYSTÈME

Le réveil est brutal mais pas surprenant. Tu fais le saut en politique sans grosse fanfare et malgré tout, tu touches à une corde extrêmement sensible. La politique, c’est volatile. Des gens très proches de toi se tiennent soudainement loin, n’oseront jamais mettre un j’aime sur une de tes publications, encore moins signer ton registre de candidature.

Tout le monde a sa raison et elle est très bonne, la plupart du temps.

Cette crainte est le reflet d’un écosystème bien implanté dans le service public : la loyauté et la crainte de représailles.

Comme consultant en communication, je l’ai vécu à deux reprises dans ma carrière. La première fois, j’avais critiqué le fait qu’une firme de communication récoltait 40% des mandats de la ville et l’autre fois, j’avais critiqué à la télévision l’embauche d’un consultant-charlatan qui fut démasqué bien assez vite. Dans les deux cas, les responsables concernés ont fait en sorte que je n’aies accès à aucun contrat avec la municipalité.

Est-ce normal en démocratie qu’une opinion sois plus forte qu’une compétence? Est-ce que les élus récoltent seulement les taxes payées par ceux et celles qui ont voté pour eux?

NON.

Politiser l’écosystème économique d’une ville, c’est un des facteurs les plus désillusionnants pour les contribuables et qui a pour conséquence de créer une apathie généralisée et un désintéressement total face au service public. Cela contribue également à perpétuer la perception de clique et mène à des excès quand l’autre gang prend le pouvoir.

Vivre dans une société où prendre la parole respectueusement serait synonyme d’échange, de démocratie, d’ouverture et non de potentielles représailles, ça vous parle?

Comme artiste, j’ai toujours eu de bons mots et beaucoup de respect pour mes « compétiteurs ». J’ai toujours dit : que le meilleur gagne et peu importe le résultat, chacun trouve la place qui correspond à son talent, ses compétences.

J’aborde la politique de la même façon car après tout, un rival loyal vaut bien plus qu’un appui intéressé.