L’ENTÊTEMENT ET L’INTÉGRISME

La société présentera toujours de nouveaux défis, de nouvelles approches, des changements conséquents à de nouvelles informations, résultat de percées scientifiques, entre autres. Certaines avenues sont souhaitables car réalistes, intégrant le changement graduellement. D’autres sont radicales, résultat d’un intégrisme presque sectaire.

Prenons par exemple, la pollution. Créer un climat d’irritabilité chez les automobilistes, rendre leur quotidien difficile, peut les inciter à se tourner vers les transports en commun, la marche ou le vélo. On sabre dans les places de stationnement, on installe des rues piétonnières, on retranche des voies de circulation au profit de pistes cyclables ou de lignes de tramway. On informatise les parcomètres au point où en temps réel, la police du parking peut nous coller un ticket à la vitesse de l’éclair. Un climat toxique et de terreur s’installe graduellement. Qu’il soit électrique ou à essence, votre véhicule n’est plus le bienvenu.

Si tous les chemins mènent à Rome, pourquoi alors s’en tenire à un seul? Et pas n’importe lequel. Le chemin de l’intégrisme n’a rien de bien. Comme raconte le dicton : qui aime trop mal étreint.

Y a-t-il un réchauffement climatique? Oui. Doit-on agir? Oui. Doit-on le faire de façon brutale et sans nuance? Non.

Prenons par exemple, la nouvelle piste cyclable qui va du quartier St-Sacrement jusqu’à Belvédère. Suis-je pour les pistes cyclables? Oui. Suis-je d’accord avec tous les tracés? Non. À la hauteur des commerçants, c’est-à-dire où foisonne la vie de quartier, un circuit cyclable a toujours existé sur les rues parallèles au chemin Ste-Foy et non sur la voie principale. Pendant 5 ans, j’ai fait 15 km de vélo à chaque matin et mes poumons me remerciaient de pouvoir pratiquer mon sport en toute sécurité et surtout, à l’air pur.

Aujourd’hui, tous suffoquent : les commerçants de St-Sacrement, ayant perdu les si précieux stationnements qui facilitaient les interactions avec leur clientèle et les poumons des cyclistes, emboucanés par une circulation densifiée par le retranchement de voies. Pourtant, tout allait bien avant. Le circuit cycliste parallèle n’avait que du positif.

Mais non. Il fallait envoyer un message clair et intimidant aux automobilistes, leur déclarer la guerre. On leur empêche même de tourner à gauche sur l’avenue St-Sacrement, les obligeant à prendre mille et un détour dans des rues parallèles, autrefois calmes et silencieuses pour rejoindre la rue, en plein milieu de la côte, augmentant considérablement les risques d’accrochages.

Si on ose se plaindre, on nous dira avec des gros yeux pleins de préjugés de prendre le bus, sales pollueurs que nous sommes.

Est-ce si difficile d’être raisonnable? Une piste cyclable mais détournée de Eymard à Holland pour sauver une économie de proximité, est-ce trop demander? Encourager le télétravail et décentraliser les pôles économiques pour que tous ne se rendent pas au même endroit en même temps, n’est-ce pas aussi une solution valable?

Non. Les nuances, c’est trop compliqué. Mieux vaut isoler un groupe, l’ostraciser et diviser la société… c’est tellement agréable.

Rassembler, représenter tout le monde et leurs intérêts, ce n’est pas ça. L’intégrisme est une insulte à l’intelligence et à sa capacité d’adaptation.

Nos élus, au lieu de faire preuve d’ouverture, désignent de bons et de mauvais citoyens et si vous osez parler, vous devenez très mauvais. On vous infantilise, on vous traite d’ignorants et si vous avez le malheur d’avoir une certaine influence, on essaiera de détruire votre réputation afin que plus personne ne vous écoute.

Le changement progressif, ouvert, rassembleur et dans le respect de tous et en se donnant des cibles réalistes, ça vous parle?

Ou préférez-vous mépriser votre voisin éternellement s’il n’est pas de votre avis, comme le font nos leaders?