On discute beaucoup de transport structurant à Québec. Voix réservées, tramway, troisième lien, les déplacements sont scrutés à la loupe, les préoccupations sont constantes face à des infrastructures vieillissantes ou tout simplement inadéquates dans 25 ans d’ici.
Quel est l’avenir du transport en commun, sachant que Québec voit s’effectuer des centaines de milliers de déplacements aux heures de pointe sur son réseau routier, avec l’automobile qui remporte la palme, constituant 70% de ceux-ci?
Il y a quelque chose qui cloche quand on est sur la route et qu’on regarde autour de soi. Pare-choc à pare-choc, la vaste majorité de nos voisins de voie sont seuls dans leur voiture, en route dans un entonnoir qui n’en finit plus et où le monoxyde de carbone est roi.
Je ne crois pas que l’ensemble des citoyennes et citoyens trouve une logique dans cette situation. On fait ce qu’on peut avec les moyens qu’on a. Claude a déjà un paiement de voiture de plus de 500$ par mois, sans compter l’essence. Il se voit mal ajouter un laisser-passer mensuel du RTC à 100$… en fait, 400$ car son épouse et ses deux enfants ne doivent pas être en reste. Ils en ont déjà discuté à la maison et payer plus de 1000$ pour se déplacer, non merci.
On veut bien contribuer à sauver la planète mais en 2025, si cela signifie de faire son épicerie sur sa carte de crédit, on a l’impression de déculotter Jacques pour habiller Jean.
Les psychologues nous disent souvent que ce qui cause les dépressions et les burnouts, c’est le fait qu’on n’accepte pas une situation mais on ne fait rien pour la changer.
Montpellier en France, métropole de 500 000 habitants, offre le transport collectif gratuit à ses contribuables depuis 2023. Le tout constitue un manque à gagner de 30 millions d’euros sur un budget de fonctionnement de 900 millions d’euros. De nombreuses villes d’Europe ont également fait ce pari, de Dunkerke à Tallin en passant par le Luxembourg. La gratuité rend le moyen de transport plus attrayant, évidemment.
Mon rêve, c’est le transport en commun à 1$ par jour à Québec. 30$ par mois pour un laisser-passer ou 1$ par transport sans celui-ci. On me parle de dépense dans le vide, d’utopie. Moi je parle d’investissement. Oui. 1$ par jour associé à un réseau de transport structurant et vous avez tous les éléments d’une recette gagnante. Diminution du trafic et de la pollution, préservation du réseau routier et amélioration de la qualité de vie des citoyennes et citoyens en déplacement.
Claude Castonguay s’est fait traiter d’utopiste quand le rêve de l’assurance maladie est né. Malgré ses coûts faramineux, s’en passerait-on aujourd’hui?
Il faut arrêter de croire au mythe qu’un investissement n’est qu’un mégaprojet qui rapporte à un tas d’entreprises et fera passer les élus à la postérité. Les payeurs de taxes fournissent un budget à la ville et celui-ci doit être dépensé en services à leur égard.
En ce moment, on prend votre argent et on finance des projets pour lesquels vous allez évidemment continuer de payer une fois ceux-ci réalisés.
Comment des pays scandinaves réussissent-ils à payer l’enseignement, de la maternelle à la fin des études supérieures à leurs enfants?
Comment se fait-il qu’ils ne déclarent pas faillite? Pourquoi investir dans les gens est-il vu comme un gaspillage?
Moins de projets du style Northvolt et plus d’argent dans votre portefeuille, sans sacrifier vos services de base, ça vous parle?
Moi, oui.
Un dollar… pensez-y !