LA TOUNE DE LOVERBOY

1981, j’ai 12 ans, pas très confiant, rêveur et romantique… pareil comme dans le film de Ricardo Trogi. On est une petite gang qui faisons la loi dans les parcs de baseball avec nos dix vitesses aux poignées renversées. Y’a un groupe canadien qui joue beaucoup à la Radio : Loverboy avec son succès « Working For The Weekend ». Je ne comprends pas le sens des paroles mais je tape du pied et je me demande où je pourrais trouver un bandeau de ratine pour avoir l’air de leur chanteur, Mike Reno.

Une décennie plus tard, me voilà dans une soirée où ce vieux succès emplit la pièce d’une inévitable mais combien appréciée nostalgie. J’écoute et je ris. Travailler pour la fin de semaine, c’est ça que la chanson dit. Le jeune entrepreneur-artiste que je suis est étranger à ce concept, travaillant n’importe quand, allant jusqu’à ignorer quel jour on est. Au-delà de l’exception que j’étais et qui m’a d’ailleurs mené à l’épuisement professionnel à 24 ans, c’est le quotidien de pas mal de monde, travailler pour la fin de semaine.

Ça fait des années que je me demande comment les organisations peuvent faire pour que la vie soit plaisante la semaine aussi pour leurs employés. À chaque conflit de travail, je regarde autant le point de vue patronal que celui des travailleurs. À chaque fois, ce sont des négos qui prennent l’allure d’un marchandage entre chiens et chats. Au bout de moyens de pression et de coups de gueule de part et d’autre, on reprend le travail, plus ou moins satisfait, la relation passablement écorchée… en fait, le cocktail parfait pour continuer de rêver à la fin de semaine.

Comment améliorer les relations de travail? Comment valoriser nos travailleurs et travailleuses? Comment développer une gestion participative mais sincèrement? Pas des méthodes apprises dans un séminaire à 2000$ où l’on va s’intéresser à quelqu’un parce qu’un gourou nous a dit de le faire mais plutôt parce qu’on réalise que sans véritable sincérité et bonne foi, le 8 heures par jour qu’on passe au travail aura toutes les apparences d’une peine de prison.

Québec a besoin de ses travailleurs et travailleuses. Il n’y a pas de gros ou de petit emploi dans une chaîne de commandement. C’est un écosystème fragile dont toute une population dépend. Un employé heureux et valorisé est un employé qui se dépasse car il se réalise autant personnellement que professionnellement.

Évidemment, il y a une réalité financière, des limites du possible. Mais dans celles-ci, pourquoi une telle procrastination patronale? Pourquoi toujours attendre la grève qui mène à une détérioration des relations? Pourquoi ces bras de fer qui nous font constater que les relations de travail semblent figées dans les années 70?

Tirer un trait sur le passé, est-ce possible? Ne serait-il pas temps de mettre au rancart ces préjugés de patron-abuseur et d’employé-fainéant? Dans les deux cas, ce n’est pas vrai et nous le savons. Cependant, l’employeur apathique et l’employé démotivé contribuent grandement à bâtir cette fausse image.

Il faut mettre un terme à ce concept d’entités rivales, de hiérarchie déplacée et exclusive et de méfiance comme sentiment de base. Se respecter mutuellement, comprendre le point de vue de l’autre, préserver nos relations de travail en étant proactif et non passif et comprendre que nous travaillons tous pour la collectivité en plus de nous-même, ça vous parle?

Je n’ai jamais vu un coach gagner sans son équipe pas plus qu’une équipe gagner sans son coach. Tout le monde gagne ou tout le monde perd.

Je nous souhaite à toutes et à tous UNE BONNE SEMAINE :-)… et une bonne fin de semaine !