Je marche à Paris l’an dernier et j’apprécie le paysage et le romantisme de l’endroit. C’est féérique car j’entends même la fée clochette… dring dring! Je sors de mon rêve et j’aperçois un cycliste qui fonce vers moi avec aucune intention de s’arrêter ni même de me contourner. J’élargis mon champ de vision et ils sont une armée, dans la rue, les zones piétonnières et même les trottoirs. Je me mets à penser à ce concept qu’est la loi du nombre. Beaucoup d’adeptes, peu ou pas d’encadrement et ça donne un bordel aux conséquences potentiellement néfastes.
En passant, j’adore le vélo. Ayant un mauvais genou, ce fut mon exercice de prédilection pendant des années. Québec est un endroit extraordinaire pour pédaler : de superbes paysages et des côtes en masse pour s’exercer.
Lors de mon 15km matinal, de 2003 à 2008, je craignais deux choses : les automobilistes et oui, les autres cyclistes. Il y a un paradoxe chez ceux-ci qui me fascine. On veut être traité comme un véhicule à part entière mais n’avoir aucune responsabilité à cet égard.
Depuis la cabale cycliste de l’administration municipale actuelle, on est en train de l’échapper. Habitant sur le chemin Sainte-Foy, je suis en mesure de témoigner quotidiennement de ce que je vois.
Aucun respect du circuit cyclable, pourtant aménagé à grands frais pour leur sécurité, non-respect presque généralisé de la signalisation incluant les arrêts obligatoires, port du casque par moins de la moitié des usagés, les plus délinquants utilisant les vélos à moteur de la ville, non-respect des passages de piétons, malgré l’installation de feux de circulation exclusifs aux vélos, conduite dangereuse à l’égard des piétons comme des autres vélos, rouler en plein milieu de la rue… la liste est longue.
Que fait la Ville? Rien ou presque. En déclarant la guerre aux automobilistes, elle a fait en sorte que de nombreux cyclistes se croient maintenant légitimés d’adopter un comportement d’enfant-roi sur la route. La différence est qu’on n’est pas à la fête de 5 ans de notre amie de la maternelle. On est sur la voie publique, on roule à une vitesse qui peut résulter en de graves blessures, voire la mort.
Je suis pour l’expansion du réseau cycliste à Québec avec déviation de celui-ci dans les zones commerciales afin de soutenir l’économie ET l’activité physique sécuritaire dans nos quartiers. L’un ne doit pas être sacrifié pour l’autre.
Je suis pour l’immatriculation des vélos au coût symbolique de 5$ par année par vélo. Je suis pour la création d’une force constabulaire afin de faire respecter la règlementation sur la route, règlementation qui comprendra l’émission de constats d’infraction. Si vous me dites qu’il y en a déjà une, elle n’est de toute évidence pas suffisante.
Le port du casque sera obligatoire comme l’utilisation du circuit cycliste lorsqu’il y en a un.
Une vaste campagne de sensibilisation sera lancée à l’égard des automobilistes comme des cyclistes.
La Ville a vu augmenter de façon considérable le nombre de vélos sur ses routes et c’est tant mieux mais on se doit maintenant d’encadrer tout ça car juste avec des si… on va à Paris !