Cette année marque les 30 ans du départ des Nordiques de Québec. J’étais présent au dernier match, une victoire contre les Rangers de New York en séries. Ces derniers avaient scellé le destin de notre équipe, lors de l’ultime rencontre dans le Big Apple.
Ce qui s’est passé par la suite en dit long sur les gens de Québec, les citoyens comme les décideurs.
Le réflexe premier a été de ramener du hockey le plus vite possible. Les Rafales de la Ligue Internationale ont fait leur arrivée. C’était le bon réflexe mais trop tôt. Les gens y voyaient une démotion et le Colisée n’avait pas son ambiance d’antan, les fantômes fleurdelysés étant toujours présents. Ajoutez à cela une coupe Stanley gagnée par notre ancienne équipe l’année suivante et vous avez un vrai cocktail de peine d’amour.
Après les Rafales, je reçois un appel d’un groupe mené par le défunt Michel Pagé et qui veut installer à Québec la filiale des Sénateurs d’Ottawa ou des Red Wings de Détroit. On m’approche car j’ai fait les logos des Capitales de Québec et des Tigres de Victoriaville. Le groupe semble sérieux et ils ont même leurs bureaux au Colisée de Québec.
Trois semaines plus tard, ils se font coiffer par un autre consortium qui amène la filiale du Canadien dans la Vieille Capitale. L’insulte s’ajoute à l’injure pour le fan des Nordiques que je suis. Je n’ai jamais été voir un match, tout comme de nombreux amis. Après un moment, le consortium ferme boutique, affirmant que Québec n’est plus un bon marché pour le hockey professionnel, ignorant l’impact de nous enfoncer dans la gorge nos ennemis d’hier, ignorant que les gens de Québec ont un minimum de dignité ou appelez ça de l’orgueil si vous voulez, c’était la réalité.
On a pansé nos plaies avec les Remparts, un club de hockey junior avec un bon marketing. Je n’ai rien contre ce calibre de jeu mais est-ce vraiment ce que Québec, ville de hockey peut s’offrir de mieux?
Des politiciens ont joué cette corde sensible des Québécois avec un maire qui faisait campagne avec un chandail des Nordiques pour vendre son projet d’amphitéâtre. Les gens y ont cru et on s’est retrouvés avec un Centre Vidéotron mais pas de club… rien.
Je crois personnellement que le principal écueil à l’implantation d’une franchise de la LNH à Québec est… Montréal. Actuellement, Molson et Bell ont un monopole dans toute la province et je ne vois pas de raison logique pour laquelle elles accepteraient de changer ça. Du côté de Québec, on vend beaucoup de billets pour aller voir un club junior, des jeunes n’ayant aucun salaire significatif donc un prix de revient extraordinairement bas, on met de la musique pis on fait un show de boucane et les gens ont fini par y croire.
Le vrai amateur de hockey est toujours en deuil, cependant. Comme diraient certains : Québec mérite mieux.
Au lieu d’attendre (ça fait 30 ans) que notre tour dans la LNH revienne, pourquoi ne pas être proactifs? Pourquoi ne pas se joindre à un circuit professionnel, même si ce n’est pas la grosse ligue? Pourquoi ne pas en créer un, qu’il soit national ou international? Québec pourrait-elle être un lieu de rencontres internationales, un genre de Coupe Québec où les équipes olympiques (sans joueurs de la LNH) pourraient croiser le fer? Et la ligue de hockey féminine qui séduit le public montréalais, pourquoi pas également à Québec et faire revivre la légendaire rivalité entre la Métropole et la Capitale?
OÙ SONT NOS IDÉES? OÙ SONT NOS PROJETS? OÙ EST NOTRE FIERTÉ?
Qu’attend-on pour sortir du rang, pour innover, arrêter cette mentalité de se condamner à rouler en scooter si on ne peut pas rouler en Cadillac?
Ne rien faire, c’est FAIRE RIEN…